Ces petits
napperons seraient une sorte de paradigme tout à fait spécifique de ma
recherche sur l’unité et le beau ! Ou du moins du plaisant, qui
renseignerait de manière générale sur la manière dont une communauté se crée.
Je sais que l’on a toujours considéré que les communautés se créaient contre un
adversaire, un étranger, un ennemi, mais justement, et c’est la raison de ce
petit livre, j’ai découvert en travaillant sur cette fabrique de l’unité qu’il
y avait d’autres manières. Et je vais essayer de les décrire.
Un samedi veille de fête…
Le fourmillement des existences. La diversité des allures.
L’ampleur des non-dits. Quelques-uns pressent le pas dans la crainte que, tombée du ciel, une épée de pierre vienne fendre leur crâne. D’autres affichent l’hébétude érosive de simples consommateurs.
Il est toujours plus tard que l’on ne pense et, aux quatre coins du monde, des vendeurs de paradis initient un nouvel enfer…
Enfoncer les lignes.
Tracer de nouveaux cercles.
Alors, peut-être, à force de besogne, l’amour, le mot et la mort se rejoindront en l’espèce d’un Christ Danseur que ne pourra plus mystifier la lumière.
Reste que l’impossible est d’une nature plus franche que l’inconnu.
Aussi tout cela qui entoure ces fêtes froides, aujourd’hui insignes, autrefois couronnées, là-bas, en quelques endroits du ciel où la pluie parle à voix basse.
Réunir la ruine et le berceau dans la constance des négations et la marche du fleuve.
EN CHAQUE HOMME se cacherait un poète. L’Œdipe de Sophocle donne le ton puisque selon Freud, l’œuvre permettrait à l’artiste de saisir après-coup, « les travestissements déguisés de son inconscient ». Perspective freudienne que Lacan renverse de ceci que ce n’est pas avec l’inconscient qu’une œuvre se dévoile mais du fait de l’expression du symptôme dont elle se fait le situ. Ce n’est donc pas le fait du hasard si Lacan a besoin du symptôme de Joyce pour accéder au sinthome. Ainsi va la machine à symptôme. Reste que le sinthome ne tient pas toujours ses promesses. Son lien au Réel serait-il parfois moins assuré que ses réussites le donnent à voir ? La chose une nouvelle fois se renverse. De quelle idéalité voulons-nous que le sinthome soit le fantasme pour réussir le nouage du RSI ? Que le sinthome agrafe les trois cercles de l’Imaginaire, du Symbolique et du Réel, d’accord… mais à quel prix? – Ces trois textes tentent de répondre.
Rien n’y fait. Et bien que formulées autrement, ont gardé toute leur actualité les « Résistances à la psychanalyse » que Sigmund Freud exposait il y a un peu plus de cent ans. Écrit à l’automne 1924 et publié en français en mars 1925, l’article insiste d’abord sur le « malaise […] que le nouveau exige toujours de la vie mentale et l’incertitude, poussée jusqu’à l’attente anxieuse, qui l’accompagne ». Que quelqu’un ait de l’appréhension au moment d’entrer pour la première fois en relation avec l’analyste avec qui il ou elle a pris rendez-vous n’a rien d’étonnant. Mais que la psychanalyse fasse une fois de plus l’objet d’un amendement sénatorial réclamant que ses séances ne soient pas remboursées par l’Assurance maladie et qu’elle soit interdite à toute personne souffrant d’un trouble ou d’une maladie réputés insoignable par elle, réputés en France par une Haute Autorité de Santé dont le principal défaut est de se croire scientifique, ne laisse pas d’agacer.