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La machine à symptôme

Guillaume Nemer Marie-Jean Sauret Isabelle Morin

La machine à symptôme

EN CHAQUE HOMME se cacherait un poète. L’Œdipe de Sophocle donne le ton puisque selon Freud, l’œuvre permettrait à l’artiste de saisir après-coup, « les travestissements déguisés de son inconscient ». Perspective freudienne que Lacan renverse de ceci que ce n’est pas avec l’inconscient qu’une œuvre se dévoile mais du fait de l’expression du symptôme dont elle se fait le situ. Ce n’est donc pas le fait du hasard si Lacan a besoin du symptôme de Joyce pour accéder au sinthome. Ainsi va la machine à symptôme. Reste que le sinthome ne tient pas toujours ses promesses. Son lien au Réel serait-il parfois moins assuré que ses réussites le donnent à voir ? La chose une nouvelle fois se renverse. De quelle idéalité voulons-nous que le sinthome soit le fantasme pour réussir le nouage du RSI ? Que le sinthome agrafe les trois cercles de l’Imaginaire, du Symbolique et du Réel, d’accord… mais à quel prix? – Ces trois textes tentent de répondre.


Futur antérieur

Roch Gérard Salager

Futur antérieur

Enfoncer les lignes.
Tracer de nouveaux cercles.
Alors, peut-être, à force de besogne, l’amour, le mot et la mort se rejoindront en l’espèce d’un Christ Danseur que ne pourra plus mystifier la lumière.
Reste que l’impossible est d’une nature plus franche que l’inconnu.
Aussi tout cela qui entoure ces fêtes froides, aujourd’hui insignes, autrefois couronnées, là-bas, en quelques endroits du ciel où la pluie parle à voix basse.
Réunir la ruine et le berceau dans la constance des négations et la marche du fleuve.

La haine de la psychanalyse

Francis Hofstein

La haine de la psychanalyse

Rien n’y fait. Et bien que formulées autrement, ont gardé toute leur actualité les « Résistances à la psychanalyse » que Sigmund Freud exposait il y a un peu plus de cent ans. Écrit à l’automne 1924 et publié en français en mars 1925, l’article insiste d’abord sur le « malaise […] que le nouveau exige toujours de la vie mentale et l’incertitude, poussée jusqu’à l’attente anxieuse, qui l’accompagne ». Que quelqu’un ait de l’appréhension au moment d’entrer pour la première fois en relation avec l’analyste avec qui il ou elle a pris rendez-vous n’a rien d’étonnant. Mais que la psychanalyse fasse une fois de plus l’objet d’un amendement sénatorial réclamant que ses séances ne soient pas remboursées par l’Assurance maladie et qu’elle soit interdite à toute personne souffrant d’un trouble ou d’une maladie réputés insoignable par elle, réputés en France par une Haute Autorité de Santé dont le principal défaut est de se croire scientifique, ne laisse pas d’agacer.

La splendeur requise

Alain Galatis

La splendeur requise

Lettre à Ralph Waldo Emerson

« Le jour des jours, le grand jour du banquet de la vie, est celui où l’œil intérieur s’ouvre à l’Unité des choses, à l’omniprésence de la loi – voit que ce qui est doit être, et devrait être, ou est en effet le mieux. Cette béatitude fond sur nous et nous voyons. Elle est moins en nous que nous ne sommes en elle ».

Une médiation signée Alain Galatis de l'oeuvre de Ralph Waldo Emerson

Réfraction

Jean Christophe Contini

Réfraction

Presque un roman

Tu dévales le cours d’eau, la petite rivière de ton enfance, dans de grands tuyaux en plastique transparent. L’eau borde les pierres sur le côté. Il y a un endroit où tu n’as jamais osé aller, de l’autre côté de la rivière, celui au sol tapi d’ail des ours qui recouvre le nid des vipères invisibles. Tu te dis que c’est là, à cet endroit, que se trouve ton inconscient, au beau milieu de ce terreau odorant, de ces nids de reptile, des fleurs blanches de la plante d’ail.

Jean Christophe Contini

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